Je marche quelleques minutes. je marche quelleques heures. Je marche pour oublier mon mal de coeur. Celui qui se cache. celui qu'on croit qu'on a pas mais qui arrive sans crier garde. Celui qui nous fait comprendre qu'on est pas ce qu'on a voulu être. Celui m'a fait comprendre pourquoi je me détestais.
Pourtant je suis heureuse, je suis en vie, je respire (façon de parler). Pendant ma parade nocturne l'air c'est fait rare. Un coup d'hinalateur et je repars. Les mélodies mélancoliques carressent mes oreilles. Me faisant comprendre un air désespéré et torturé. Je passe devant la superette de Laennec. Je vois le stand lumineux, je le regarde tout en marchant. Vais-je m'arrêter pour m'abrever? Puis l'hésitation devient trop forte et la marche se suit, c'est peut-être mieux ainsi.
Alors je vascille mélancoliquement, je passe mes doigts dans les arbustes. Je regarde les étoiles et les lumières clignotantes sur les grues. Je traverse les rues. Plus j'avance et plus je sens la fin de mon défilé nocturne. J'aimerai tant faire demi-tour et reprendre un autre chemin. Mais non. Alors je prends des photos de nuits, je veux profiter de ces derniers instant. Je cherche une amie sous les feuilles des platanes, sous les ruines des chantiers. Les réverbères sont mon gardiens.
Je redescends la grande rue. Je ralentie. La lune est claire. Je ralentie. je veux pas rentrer chez moi. Je veux rester là à faire ma ronde. Je veux accompagner la Nuit jusqu'au matin. Je veux marcher au près d'elle. Lui sussurer qu'elle est belle.
Je veux oublier la rancoeur qui m'envahit. L'aube est loin et la lune me carresse l'esprit. Je ne veux rentrer pour ne pas être confrontrée à ma réalité. Je veux rester éloingnée et vous regaerder prier.



